Solitude et vulnérabilité

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Ça fait longtemps que je suis seule. Pas seule dans le genre « célibataire ». Seule dans le genre de « je suis seule à prendre des décisions dans ma vie ». Quand j’habitais chez mon père, j’étais seule. Seule au point où je ne me suis même pas assise avec lui avant de prendre la décision d’aller vivre chez ma mère. La décision, je l’ai prise toute seule pis je lui ai annoncée comme une grande personne qui annonce son déménagement à une autre personne. Quand j’habitais chez ma mère, j’étais aussi seule. J’étais seule à faire mon lavage, mon souper, mes p’tites affaires. Ma mère travaillait beaucoup, soit, mais ce n’est pas parce qu’elle n’était pas là que j’étais seule, c’est parce que j’agissais comme une personne seule. Mon indépendance, elle est arrivée très tôt dans ma vie. J’ai appris, en fait, on m’a appris, bien vite que ma vie, elle ne reposait que sur moi, sur ma propre débrouillardise à régler mes problèmes, à gérer mes affaires.

Faque la vulnérabilité, moi, je ne connaissais pas ça! Je m’assurais de tout contrôler… Contrôler les risques de chaque décision que je prenais. Parce que seule, tu ne peux pas (ou du moins, tu ne veux pas) te permettre d’être dans une position de vulnérabilité. C’est ça la fille forte que j’ai toujours été. Celle qui n’avait pas de problème. Celle qui n’avait pas d’émotions (ou du moins, qui les contrôlait). J’étais celle qui savait où elle s’en allait. Mettons!

Hier, c’était la Journée internationale des femmes. Hier, ça a fait un an que j’ai décidé de me mettre dans une position de vulnérabilité. C’est cette journée que j’ai choisie, l’an dernier, quand j’ai annoncé à mon patron que je quittais mon emploi, celui qui m’assurait un salaire annuel de plus de 40 000 $, pour partir à mon compte. C’était risqué, je n’avais pas d’assurance de réussite (outre mon entourage qui me disait que j’en étais capable) et aucune épargne qui pouvait m’aider à payer mes comptes si les clients ne rentraient pas. Pourtant, j’ai osé! J’ai osé être vulnérable!

Pourquoi?

La réponse, je l’ai trouvé après une heure de séance avec ma thérapeute. Vois-tu, se mettre dans une position de vulnérabilité, c’est toujours plus facile quand tu as quelqu’un pour t’accompagner, quelqu’un qui pourra te rattraper si jamais tu te plantes solide. L’an dernier, j’ai, pour la première fois depuis longtemps, senti que je n’étais pas seule. Je ne me lançais pas dans le vide toute seule. Cette connexion avec une personne m’a permis de (re)devenir une personne qui n’avait pas peur. J’ai trouvé du courage!

Cette personne, vous la connaissez, du moins, vous savez de qui je parle. Et lui, s’il me lit, il va aussi se reconnaître. Il va même se rendre compte à quel point nous sommes pareils. Il va peut-être même comprendre pourquoi il a, lui aussi, été capable de se mettre dans une position de vulnérabilité dans la dernière année. Parce que je l’ai déjà dit, je suis entrée dans sa vie pour une raison et il est entré dans la mienne pour la même raison. On avait besoin l’un de l’autre à ce moment précis de nos vies.

Pis aujourd’hui, ce que j’en ai conclu, c’est que pour avancer, il faut arrêter de vouloir tout faire tout seule. Parce qu’être seule, indépendante, c’est bien beau dans des magazines, mais être accompagnée, ça permet d’aller beaucoup plus loin. Et j’espère qu’un jour, il va aussi le comprendre. Pis j’pourrais jouer mon indépendante et dire que j’ai pas besoin de lui maintenant qu’il est partie, qu’il m’a laissé tomber, mais sincèrement, j’réussirais pas à me le faire croire à moi-même!

Parce qu’en fait, s’il est partie, s’il m’a laissé tomber, c’est pas que je ne suis pas assez bien pour lui, c’est qu’il n’a pas compris que la solitude, c’est pas aussi sécuritaire qu’il peut le croire.

Enfin, si aujourd’hui, comme ami(e), tu fais partie de ma vie, c’est que je sens que tu peux m’aider comme je peux t’aider. Il se peut donc que désormais, avant de prendre une décision, je te consulte. Même si j’ai plus tendance à écouter mes propres conseils avant les tiens (j’vais travailler là-dessus, promis), je crois que tu peux m’aider à avancer beaucoup plus vite, à arrêter d’avoir si peur d’être vulnérable.

Pour finir, je vous propose un TED qu’une amie m’a envoyé. Cette madame, elle me fait beaucoup penser à moi… pis peut-être à toi aussi!

 

 

 

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