La divine illusion

La semaine dernière, j’ai assisté à la première de La divine illusion, pièce de théâtre de Michel Marc Bouchard, mise en scène par Serge Denoncourt, et présentée au TNM du 1o novembre au 5 décembre.

La divine illusion se déroule à Québec, en décembre 1905. Sarah Bernhardt, interprétée par Anne-Marie Cadieux, la plus célèbre actrice au monde, vient y jouer Adrienne Lecouvreur de Scribe et Legouvé. L’actrice débarque donc à la gare du palais et sa venue crée tout un branle-bas de combat dans la ville. Une histoire sur le théâtre présentée au théâtre.

Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt

La venue de Sarah Bernhardt excite Michaud, fils de ministre et jeune étudiant en prêtrise au prestigieux séminaire de Québec, qui se passionne davantage pour le théâtre que pour ses études. Le jeune Michaud est interprété par Simon Beaulé-Bulman, un tout nouvel acteur qui croyez-moi, n’en sera pas à sa dernière présence sur scène. Son jeu nous a tous ébloui l’instant d’une soirée.

Michaud

Michaud

Mais avec « La Bernhardt » en ville, comme la présente si bien Madame Talbot, interprétée par Annick Bergeron, rien ne va. Et en cette journée bien spéciale, le séminaire accueille un tout nouvel étudiant, Talbot, interprété par Mikhaïl Ahooja. Mis à la porte de son ancien séminaire pour des raisons obscures, ce dernier est bien différent de Michaud. Désabusé, provenant d’un milieu ouvrier pauvre, il fait ses études en prêtrise dans le but de donner à une meilleure vie sociale et économique à sa famille, mais surtout, à son frère Léo, interprété par Lévi Doré, qui est bien trop jeune pour travailler à l’usine de chaussure. Talbot fascine d’ailleurs Michaud au point que ce dernier ait envie d’en apprendre davantage sur lui et surtout,  sur les conditions dans lesquels lui et sa famille vivent.

Talbot, sa mère et son frère Léo

Talbot, sa mère et son frère Léo

Malgré l’excitation de Michaud, la venue de Sarah Bernhardt est loin de faire l’unanimité dans la ville. À la demande de l’archevêque, le père Casgrain, interprété par Éric Bruneau, demande à Michaud et à Talbot de se rendre dans la loge de la diva pour y interdire de scène Sarah Bernhardt.

Père Casgrain

Père Casgrain

Cette dernière ne s’en laisse toutefois pas imposer facilement, elle compte bien monter sur scène malgré les réticences de l’Église. C’est sa fureur de vivre et son amour pour le théâtre qui entraînent le jeune Michaud dans son univers et qui, par curiosité, lui permettra, avec l’aide de tous les autres acteurs, Meyer interprété par Luc Bourgeois, Thérèse Desnoyers, interprétée par Louise Cardinal, le patron de l’usine interprété par Gérald Gagnon, Madeleine interprétée par Marie-Pier Labrecque et Emma Francoeur, interprétée par Dominique Leduc, de dénouer l’intrigue : le renvoi du jeune Talbot, les conditions de travail en usine du jeune Léo, le clergé qui avait main mise sur le peuple dans les années 1900.

Sarah Bernhardt et MIchaud

Sarah Bernhardt et MIchaud

La divine illusion a un fil conducteur plutôt sombre qui est éclairé grâce à un texte bien équilibré entre l’humour et la dramatique, ainsi que par le son du piano joué par Laurier Rajotte. Avec une belle brochette d’acteurs, certains plus novices, d’autres plus entraînés, le metteur en scène Serge Denoncourt avait du fil à retordre pour s’assurer que tous livrent à merveille la marchandise. Une tâche qui s’avère être parfaitement accomplie, car les acteurs et actrices étaient si bien dirigés que tout coulait à flot, et les 2 heures et demi de présentation ne m’ont jamais paru aussi court.

La troupe

La troupe

Personnellement, je recommande cette pièce de théâtre à quiconque aime ou n’aime pas le théâtre. Le jeu des personnages, le texte et l’humour qui s’en dégagent sont gages de succès. La divine illusion, c’est un bel hommage au théâtre et à l’art, car comme dit Serge Denoncourt : « Ce théâtre fait ce qu’il a à faire. Il secoue, il dérange, fait son devoir et prouve qu’il est une oeuvre d’art et non pas un produit de divertissement ». Pour plus d’informations ou pour réserver vos billets (ce que je vous conseille fortement), consultez le site Internet du TNM.

Merci à mes amis Caroline Rivet, Vincent Côté-Morency (Vincent C) et surtout, à Serge Denoncourt, pour ce beau cadeau de fête !

Photos : © Théâtre du Nouveau Monde

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