Je ne suis pas créative

Voici un tout nouveau texte de ma série qui pourrait s’intituler: 2017, l’année où je deviens une meilleure personne malgré le fait que j’étais déjà une pas pire personne en 2016. 

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Je ne suis pas créative, c’est mon tout dernier constat. Bon, on m’a déjà contredit sur le sujet, mais c’est vrai que je ne me sens pas (toujours) créative. Du moins, pas aussi créative que certaines personnes de mon entourage. Pourtant, je travaille dans un domaine où la créativité devrait être à son apogée. Faque, comment ai-je fait mon compte?

S’il y a bien une place où je me sens créative c’est ici, sur ce blogue! Peu importe le sujet, je trouve une façon de l’apprêter à ma ligne éditoriale sans trop de chichi. Parfois, je m’étonne moi-même à faire des liens qu’à prime abord, je n’aurais jamais pensé!

Alors, comme tu sais, je vois une psy et vois-tu, la thérapie, elle ne me sert pas seulement à déterrer les fantômes de mon passé, elle me sert à faire un lien entre ma trop grande peur d’être vulnérable (genre, pas solide) et… mon manque de créativité. Bon, il y a la thérapie, mais aussi les TED (et CreativeMornings). Parce que, pour faire suite à mon texte sur la solitude et la vulnérabilité, j’ai écouté une deuxième (meilleure) vidéo de Brené Brown: Listening to shame (un TED qui date de 2012) pis ça m’a comme fait comprendre beaucoup de chose à mon sujet.

« Vulnerability is the birthplace of innovation, creativity and change. To create is to make something that has never existed before. There’s nothing more vulnerable than that. Adaptability to change is all about vulnerability. »

« Very few people are afraid to fail. And no one who gets on the stage, so far that I’ve seen, has not failed. I’ve failed miserably, many times. I don’t think the world understands that, because of shame. »

« The thing to understand about shame is, it’s not guilt. Shame is a focus on self, guilt is a focus on behavior. Shame is “I am bad”. Guilt is “I did something bad”. How many of you, if you did something that was hurtful to me, would be willing to say, “I’m sorry. I made a mistake?” How many of you would be willing to say that? Guilt: I’m sorry. I made a mistake. Shame: I’m sorry. I am a mistake. (…) The ability to hold something we’ve done or failed to do up against who we want to be is incredibly adaptive. It’s uncomfortable, but it’s adaptive. »

Faque oui, pour être créatif, il faut accepter de faire des erreurs, de subir des échecs. Il faut se lancer et si ça ne fonctionne pas, il faut savoir dire qu’on a fait une erreur. Il faut surtout arrêter de penser que c’est nous, l’erreur. Que c’est à cause de nous que ça ne fonctionne pas.

Vois-tu, sur ce blogue, je n’ai pas peur de dire quoi que ce soit. Je n’ai pas honte de mes textes, de mes émotions qui s’en dégagent, des réactions (positives ou négatives) qu’un texte peut susciter. Je me lance et advienne que pourra! Je me sens donc plus créative. Mais dans la vie en général, c’est tout autre! J’ai souvent peur d’être jugée. D’être mal comprise. De faire des erreurs. D’être rejetée. Je me juge moi-même (ainsi, ça fait moins mal quand les gens me jugent). Même poser une question, c’est tout un challenge pour moi. Il m’arrive de me restreindre et de trouver la réponse par moi-même… après beaucoup de temps de recherche. Je manque souvent de courage (d’ailleurs, merci à notre nouvelle collaboratrice Andréanne – beau nom btw! – et son excellent texte Une question de courage).

Pis là, en lisant ça, je suis certaine que quelques anciens collègues vont m’écrire et me dire… Bin là, tu te trompes à ton sujet! Le fait est que non… Oui, sur le marché du travail j’ai une confiance en moi qui semble sans faille. Mais tout ça c’est parce que je me suis conditionnée à être une fille solide en entreprise. Parce que, pour prendre ta place, il faut être solide! <– WRONG, SO WRONG!

Si je suis désormais à mon compte, ce n’est pas seulement parce que j’ai la fibre entrepreneuriale, c’est parce qu’en entreprise, je n’avais pas de place, en fait, je n’avais pas l’opportunité d’être moi-même, vulnérable, authentique (donc créative). Avec l’arrivée de tu-sais-qui dans ma vie, j’ai comme eu envie d’être moi-même, vulnérable et authentique. Faque, en écoutant ce Q&A avec Simon Sinek sur le thème Transparency du CreativeMornings San Diego – je te conseille de l’écouter au complet, mais tu peux sauter à la dernière question, j’ai compris pourquoi j’ai tant détesté mes expériences de travail –> Dans la plupart de mes expériences antérieures, l’environnement prônait la performance, mais jamais les individus.

Aujourd’hui, je crois fermement que tout patron devrait prendre le temps d’écouter la dernière question de ce Q&A et d’y réfléchir afin de créer un environnement de travail sain permettant à leurs employés de se sentir bien, eux-mêmes, sans jugement et donc, créatif. Un employeur doit comprendre et accepter que chaque individu vient avec sa personnalité et que c’est cette personnalité qui permet d’apporter de la couleur à l’entreprise. Que c’est bien de mettre des règles plus « corporatives », mais il ne faut pas que ces règles empêchent les gens de s’épanouir autant comme employé que comme personne, surtout quand on se trouve dans des environnements qui se veulent créatifs.

« There is no difference between business and personal relationship. We have artificially bifurcated our lives into my work life and my home life. It’s you! The reason your friends love you is the same reason your colleagues trust you. It’s you! (…) The reason we have work-life imbalance is because we don’t feel safe at work but we do feel safe at home. (…) We have created such a judgemental environment (at work) that people are afraid to be themselves, they’re afraid to express vulnerability. Vulnerability doesn’t mean walking around crying. Vulnerability means is the willingness to raise your hand and say “I made a mistake”, “I don’t know what I’m doing”, “I’m afraid”. »

Sur ce, et dès aujourd’hui, maintenant que je suis à mon compte, que j’en ai l’opportunité et que je travaille fort en thérapie pour « m’améliorer » comme personne,  je vais tenter de sortir de ma zone de confort (pour vrai), être toujours moi-même peu importe les gens qui m’entourent et surtout, je vais essayer fort d’arrêter de me juger (Je souligne le « me », car ce qui m’épate beaucoup chez moi c’est le fait que je ne juge pas les gens, peu importe leurs agissements, mais je passe mon temps à me juger moi-même).

HA! C’est peut-être rien pour toi, mais au RDV Marketing, jeudi dernier, je me suis permise de poser une question à Antoine Bécotte, de Cossette, lors de sa conférence sur La grande idée. Props to myself!

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