Gérer les attentes amoureuses

Hier, je suis tombée sur un article de Marie-Michelle Girard (La Fabrique Crépue) et ça ne pouvait pas mieux tomber dans ma vie.

Quand je blague sur ta manie de dormir dans le milieu du lit ou de ne pas retenir ce que je te dis, quand je m’exaspère devant tes plats de lunch sales qui traînent ou le temps que tu passes devant le miroir à te coiffer, ce que je te dis, au fond, c’est que je me considère comme la fille la plus chanceuse de la planète. Je te le dis d’une façon bien maladroite, je te l’accorde, mais je ne suis pas habituée à la version amoureuse de moi-même.

Ma version amoureuse…

Avant de rencontrer mon copain, ça faisait 8 ans que j’étais célibataire. Je n’avais pas besoin de peser mes mots, de réfléchir avant de parler ou d’agir. J’agissais. J’ai d’ailleurs toujours dit qu’en couple, j’agirais de la même façon, que je ne changerais ni ma façon de penser ni ma façon d’agir. Les attentes… Ce à quoi je n’avais pas pensées.

Une attente est le fait d’attendre, de compter sur quelque chose ou sur quelqu’un; une espérance, un souhait non-formulé.

8 ans de célibat c’est 8 années à me créer une vision du couple idéal. J’en ai rêvé, parce que rêver, c’est ce qui m’a aidé à m’accrocher à la vie. Et maintenant que le rêve est devenu réalité, je dois apprendre à vivre avec l’autre. Je dois apprendre à gérer mes émotions. Je dois surtout apprendre à communiquer mes attentes sans qu’elles aient l’air d’être des reproches continuels. Je dois m’adapter à la nouvelle version de moi-même, la version amoureuse. Celle-là que je n’avais pas côtoyée depuis bien des années. Parfois, elle rend les choses beaucoup plus compliquées que je ne le veux réellement, mais elle ne sait pas trop comment réagir dans certaines situations. Cette version de moi-même qui, aussi belle soit-elle, apporte son lot d’angoisse et de question auxquelles je ne suis personnellement pas habituée.

Les gestes du quotidien ne portent plus leur allure de routine quand ils sont faits avec toi. Même les moments les plus simples deviennent des souvenirs à chérir. Il m’arrive parfois de m’arrêter, de nous regarder et d’être frappée par la pensée qu’un jour, si nos chemins se séparent, il n’y a pas une seule journée passée sans toi qui ne sera pas un moment douloureux. Parce que oui, il m’arrive d’être happée par une peur incontrôlable de te perdre, qu’on se perde ou qu’on perde ce qu’on ressent en ce moment.

La peur de se perdre, une angoisse incontrôlable

Une relation à distance, c’est la pire situation quand on a peur de se perdre. Au début, j’étais continuellement sur mon téléphone. Mon copain et moi, nous nous textions du levée au coucher du soleil. Photos, Snap, petits mots d’amour, sexting, on s’envoyait tout, tout le temps! Puis, au fil du temps, les textos ont commencé à diminuer, les petits mots aussi, les Snap, on en parle pu! On attend de se voir pour se donner de l’affection. En soit, ce n’est pas la fin du monde vous direz!

Toutefois, être happée par la peur incontrôlable qu’on se perde ou qu’on perde ce qu’on ressent, elle revient à tous les jours. J’ai l’impression que l’amour diminue, que l’intérêt aussi. Bien sûr, je sais que c’est probablement juste une question d’attentes, qu’en revoyant mes attentes à la baisse, ça règlerait tout! Mais si je revois mes attentes à la baisse, est-ce moi qui va finir par diminuer mon intérêt vis-à-vis mon couple. Est-ce moi qui va finir par perdre ce que je ressens? Je crois que oui.

Rien au monde n’aurait pu me préparer à ton arrivée. Tu étais déjà dans ma tête, au loin, une connaissance. Je ne saurais dire à quel moment tu es devenu ce qui a comblé le vide ressenti. Avant ton arrivée, je jugeais tout le monde. Les mots doux sur Facebook, la facilité qu’avaient mes amis de venir en « paquet », de se considérer comme un tout plutôt que deux personnes. Pour moi, c’était ridicule. Je ne pouvais pas comprendre parce que tu as pris beaucoup de temps à arriver.

Depuis que j’ai rencontré mon copain, j’ai envie d’y croire. Peut-être trop! On rit de moi parce que je me suis engagée (il parait que j’ai peur de l’engagement). On rit de moi parce que je suis prête à aller vivre en banlieue quand j’ai toujours dit que je n’y habiterais jamais. On rit de moi parce qu’il a des enfants et j’ai toujours dit que jamais je ne serais en couple avec quelqu’un qui a des enfants. Que veux-tu, je suis amoureuse pis il parait que ça fait ça l’amour. Ça nous rend un peu gaga, angoissée et légèrement folle. Mais que veux-tu, je ne suis pas prête à baisser les bras. J’ai des attentes amoureuses (qui après mûre réflexion, je ne veux pas diminuer, je ne veux pas anéantir) et tout ce que j’espère c’est que mon copain saura y porter attention et y répondre, même si ce n’est pas facile, même si la situation ne l’est pas non plus, parce que pour une fois, j’ai sérieusement envie que ça marche!

Pour lire l’article complet de La Fabrique crépue: je suis amoureuse.

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