Connais-tu le génocide des autochtones ?

On est en 2015. Il faut arrêter de regarder en arrière. Il faut arrêter de ressasser les vieilles histoires. Il faut avancer. Des génocides, il y en a eu partout. Mais là, en 2015, il faut savoir passer à autre chose.

Je vous avise tout de suite, ce ne sont pas mes paroles, mais celle d’une personne avec qui je discutais du fameux « génocide culturel » des peuples autochtones décrété par la Commission de vérité et de réconciliation du Canada. Des paroles qui démontrent qu’encore aujourd’hui, il n’y a pas de réelle prise de conscience sur la situation des premières nations.

Je suis autochtone. Je n’ai jamais habité sur réserve. Mes grand-parents parlaient français et m’ont jamais appris la langue abénakise. J’ai appris l’histoire des autochtones du Canada dans mes cours d’histoire (du primaire), un peu comme tout le monde. Mais l’histoire qu’on nous enseignait n’était pas la bonne. Il manquait de grandes parties. Il est donc normal que la plupart des Canadiens ne saisissent pas le concept. Je peux même aller jusqu’à les comprendre quand certains crient haut et fort que les « sauvages » ont des « avantages » qu’eux n’ont pas. P.S. Si tu voyais mon avis de cotisation, je suis certaine que je paye plus d’impôts que toi…

Douce mémoire d'un été à Odanak (photo prise par ma grand-mère O'Bomsawin)

Douce mémoire d’un été à Odanak (photo prise par ma grand-mère O’Bomsawin)

Pour que tu comprennes l’ampleur, des traités, ce sont des ententes qui doivent être respectées par les deux parties. Ils ne peuvent être abolis et il n’y a pas de date de péremption.

Ils ont ensuite installé les autochtones dans des réserves (un bout de terre qui appartient au gouvernement fédéral et qui peut parfois être un trou noir sur une carte routière) sur des terres non-agricoles. En gros, on les regroupait dans un environnement qui ne leur permettrait pas de survivre.

Puis, réalisant qu’il (le gouvernement) était au prise avec les ententes réalisées par leurs prédécesseurs, le gouvernement fédéral a tenté d’abolir les droits aux autochtones. La création de pensionnat indien était un élément principal de ce processus d’assimilation grossier. Les religieux se rendaient dans des réserves et éloignaient les enfants de leurs parents en les amenant dans des « écoles » qui leur enseignerait ce qu’est être un « blanc ». Le but était simple : « tuer » l’indien.

Ce qui devait être un processus d’assimilation bien simple est devenu un véritable massacre. Je vous invite à regarder Je me souviens, un court-métrage (8 minutes) réalisé par Fernand Petiquay de la nation Atikamekw. C’est un témoignage assez troublant des conséquences des pensionnats sur les autochtones.

Aujourd’hui, avec le rapport de la commission, je souhaite fortement que les Canadiens ouvrent leur yeux et leur esprit sur la situation des autochtones au Canada. Ceux qui ne sont pas reconnus comme des Canadiens à part entière par notre propre gouvernement vivent dans des conditions inacceptables. Des femmes disparaissent sans qu’on en prenne réellement conscience.

Ce que propose la commission c’est d’enfin faire la lumière sur tout ce qui est arrivé pour ainsi, assurer une meilleure réconciliation avec les peuples autochtones. Pour ça, elle émet 94 recommandations au gouvernement dans le but d’améliorer les conditions, mais aussi la compréhension, des autochtones. Mais parce que je doute fortement que ces 94 recommandations soient prises en considération par le gouvernement Harper, qui est d’ailleurs incapable de dire le mot « génocide », je vais prendre l’initiative de t’en donner une seule. Une seule que toi, à la maison, tu es capable de faire.

Ma recommandation

Éduque-toi et éduque tes enfants sur l’histoire des autochtones (parce qu’en gros, elle fait partie de ton histoire). Prend le temps de t’informer. Pose des questions avant d’émettre des commentaires. Arrête de penser que les autochtones ne sont que des B.S. qui ne veulent pas aller à l’école, qui ne veulent pas sortir de leur réserve, qui ne veulent pas aller de l’avant, qui veulent seulement profiter des avantages. Rend toi sur une réserve indienne. Amène tes enfants dans un musée autochtone. Parce que c’est en t’éduquant que tu vas enfin comprendre pourquoi les autochtones sont comme ils sont.

Je finis ce texte avec un copié-collé du discours de notre premier ministre, Philippe Couillard, qui a reconnu le terme de « génocide culturel ». Merci.

Il y a 94 recommandations, mais il y en a une qui attire mon attention: c’est la nécessité que nos enfants, dans nos écoles, connaissent cette partie de notre histoire, notamment la réalité des peuples autochtones, leur contribution à l’édification du pays et les événements malheureux ou parfois plus heureux qui se sont produits, a-t-il évoqué. Il m’apparaît nécessaire qu’il y ait une prise de conscience à travers le pays de cette question.

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  • Promis Andréanne, je continue d’amener mes mini globe-trotteuses rencontrer mes amis autochtones partout au Québec pour qu’on continue de leur raconter l’histoire.
    Je suis ravie de lire ton texte.
    #fierté

    • Bonjour Maman Globe-Trotteuse,
      C’est très gentil ça !
      Aurons-nous la possibilité de lire un récit de voyage dans les communautés autochtones du Canada ?